Prise de notes : Faites – vous plaisir !

De retour sur les bancs de la fac, une question se pose forcément ; Comment organiser sa prise de note ? D’ailleurs, cette question est rattachée à une pression très forte qui dès le début du cours doit être évincée par la demande suivante (Est – elle posée par celui qui a la plus forte pression ?) : Euhhhh, on aura le support de cours ? Quand l’intervenant répond « oui », nombreux sont ceux qui poussent un ouf de soulagement intérieur en retrouvant un niveau de stress normal. Cet héritage scolaire, où l’on se dit que que tout ce qui est dit est important et que l’on peut être interrogé sur l’ensemble d’un cours renforce cette sensation désagréable rattachée à la qualité de sa prise de note.

Débute le cours, vous êtes soulagé car vous allez avoir le fameux powerpoint de l’intervenant. Mais très vite vous remarquez une chose. Le powerpoint ne comporte que des illustrations ou des idées fortes, mots clés.  Pire ! Le powerpoint est remplit d’écrit et vous savez que vous n’aurez pas le temps de tout recopier ; En plus, c’est écrit tout petit ! De fait c’est la fin du recopiage ancestrale apprit à l’école. Je sais que ce n’est pas forcément évident. Néanmoins en identifiant quelques clés, vous allez pouvoir vous entraîner simplement.

Mon point d’entrer depuis très longtemps, voire très très longtemps c’est d’avoir fait le deuil de la surinformation devant être restituée. Aussi, quand j’ai assisté au premier cours universitaire après avoir quitté l’université depuis plus de 15 ans, j’ai évacué de suite cette attente d’avoir le support de celui - ci car ce qui est important pour moi, ce n’est pas ce qui écrit, mais bien le sens que je donne à l’idée proposée, ce qu’elle génère comme émotion, comme sensation, comme  questionnement ou encore comme projection. D’ailleurs, dois – je être d’accord avec ce qui m’est enseigné ou avec ce qui est dit ? Ma posture face à un enseignement est moins linéaire que cela car l’humain n’est pas fait pour restituer une pensée mais bien pour lui donner du sens soit en étant d’accord, soit en ayant un autre point de vue liée à l’expérience, aux recherches, etc. Changer sa posture face à une intervention quel qu’elle soit c’est se dire que la richesse vient du groupe, des échanges et non de ce qui est transmis. L’apprentissage informel va dans ce sens avec en satellite un principe fort : L’apprentissage se crée par l’envie d’apprendre. Oui mais, comment créer l’envie d’apprendre ?

Fort de ces éléments, vous devez vous poser plusieurs questions :

  • Quelles sont dans les interventions passées, celles qui m’ont le plus plu ? Celles qui m’ont le moins plu ?
  • En quoi celles – ci étaient-elles différentes ? Etaient ce sur le fond, la forme, la manière dont s’exprimait l’intervenant, son support, les interactions générées, etc.
  • Quelles sensations ai – je ressenti à ce moment ? Du plaisir, de l’incompréhension, l’envie de creuser certaines notions, un déclic.
  • Qu’en ai-je fait par la suite ? Je l’ai oublié, j’ai renforcé mon expertise.

En procédant ainsi, vous allez constituer une « cartographie de positionnement » face à une intervention en posant des critères de confort ou d’inconfort et en générant de fait des actions de rééquilibrage.

Prenant un exemple : Lors de ma rentrée universitaire, un des premiers cours que j’ai eu portait sur le droit de l’internet avec notamment le droit de la protection intellectuelle. Ce cours n’est pas un « one shot » mais s’inscrit dans un cycle d’apprentissage qui va durer deux mois et qui sera ponctuer par une évaluation. Quelle autre discipline est plus rattachée à l’apprentissage par cœur que le droit. Pour moi, le droit c’est une langue à part entière, des articles L.XXX. du code de machin mais où tout est sujet à interprétation en fonction de la lecture qui en est faite. Je suis donc dans un paradoxe : Je dois apprendre par cœur quelque chose qui est au final à l’appréciation. Je caricature un peu mais on n’est pas loin. Dans ce genre de situation, je suis plutôt sur une représentation négative. 2 solutions : Je subis l’intervention et le cycle. Je mets en place une action de rééquilibrage. Ici pour moi et presque chaque fois c’est le mapping.

Le Mapping

Le mapping, c’est quoi ? C’est la prise de note en mode histoire qui vous permet de suivre le cheminement d’une intervention en allant du plus global (La thématique/le sujet au entre de la carte) au plus complexe/spécifique (Les branches les plus éloignées du centre). Cela permet d’avoir une vision globale du sujet mais surtout cela permet de générer de l’émotion, du ressenti, du plaisir pendant mais aussi après l’intervention lors de la reprise du cours.

Comment faire : Pour ma part, je prends toujours plusieurs feuilles au format paysage (A4) – Dans un premier temps, je vais me centrer sur une feuille qui correspondra à la structure du cours en lien avec les différentes parties, les différents temps. Celle – ci sera remplit tout au long de l’intervention ou bien au début de celle - ci si le sommaire est présenté. Au centre je pose la thématique, le sujet. Chaque branche qui partira du centre sera une partie du cours. Branche 1, les éléments introductifs, branche 2, les éléments de contexte et ainsi de suite. Et c’est souvent la même règle car cela correspond à mon fonctionnement. Une intervention est composée des mêmes éléments à chaque fois (Introduction – contexte – contenus – illustrations/exemples d’applications – ressources – conclusion etc.) Cela vous permet d’avoir une vision synthétique. Important, sur celle-ci le niveau de détails est impérativement restreint.

Ensuite, vous allez prendre une feuille A4 (Eviter la prise de note sur Ordinateur via des logiciels de mindmapping) et des feutres de couleurs (personnellement j’en ai 6 – Gris – Bleu – Vert – violet – jaune – marron) , toujours en format paysage et cette fois ci, vous allez noter au centre une partie du cours qui correspond à une des branches de la structure globale de celui - ci. A ce moment, le niveau de détail se veut plus exhaustif mais attention rappelez-vous, ce qui est important ce n’est pas ce qui est dit mais ce que vous comprenez. Pour éviter cet écueil, il est impératif quand on est sur du Mapping de mettre des symboles, des mots clés, de faire de petites illustrations, des choses très simples et qui ont du sens pour vous. Pas besoin de savoir dessiner. Faire des formes géométriques, dessiner des flèches, des lignes (Droites, tordues, spirales, etc) suffit largement.

La résonnance de cette action, sans entrer dans les neurosciences qui expliquent cette approche de l’apprentissage, c’est que vous allez à la fois vous centrer sur les propos de l’intervenant (Ce qu’il dit) et ce que cela évoque chez vous (ce que vous transcrivez) et que de fait vous allez mémoriser. En effet, on retient plus facilement ce qui génère une émotion de par son vécu.

Je suis un adepte du « Kaizen » c’est-à-dire s’engager dans le changement pour améliorer son fonctionnement mais de manière progressive et surtout continue. De fait, je vous invite véritablement à essayer cette méthode et les quelques principes évoqués ci-dessus. Quel que soit votre personnalité ou votre perception du savoir dessiner, ce n’est absolument pas un frein. Lors de votre prochaine réunion de conseil d’administration, ou lors de votre prochain cours en temps qu’apprenant, essayez, testez, griffonnez. Au début, sans doute que ce sera mal organisé, vous n’aurez peut-être plus de place pour écrire, etc. Néanmoins, si le plaisir de le faire est là et que votre attention et concentration est à la fois centré sur ce qui est dit et sur ce que vous transposez, alors vous êtes sur la bonne voie.

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