Les réveils pédagogiques: Se remémorer pour mieux ancrer

Il est 9h, le groupe de stagiaire s’installe pour aborder une nouvelle journée de formation. Bien entendu, le groupe n’est pas prêt à recevoir un powerpoint de 50 diapositives à froid. Va falloir chauffer le « corps diesel ». Bonne nouvelle !!!! DRINGGGGG, le réveil pédagogique du matin sonne.

Commençons par un petit test. Notez sur un papier 3 choses que vous avez apprises la veille ?  Allez-y, prenez 2 à 3 min et faites-le sans lire la suite. Tic – Tac, Tic –Tac …. ? DRINGGG !

A la question simple à laquelle vous avez répondu, il y a une évidence. Nous ne fonctionnons pas tous de la même manière mais il y a fort à parier que certains ont pris le chemin suivant. D’abord se remémorer la chronologie des différents temps qui ont rythmé la journée d’hier, puis ensuite, entrer dans chacun de ces temps pour trouver un ou plusieurs éléments marquants en termes d’apprentissage. D’autres, 2 éléments sur 3 sont survenus très rapidement, l’émergence du 3ème élément tardant un peu plus à venir. Dans tous les cas, quel que soit votre manière de fonctionner, votre cerveau est entré en activité mais surtout s’est mis « focus » sur la formation. C’est l’objectif du réveil pédagogique qui devient un magnifique « stimulus d’apprentissage » informant notre cerveau que nous allons être en situation d’acquisition.

Connaître - Comprendre

Notre cerveau dans son processus de mémorisation fonctionne comme un atelier de conception. Le 1er temps, c’est la réception de la matière première c’est-à-dire l’information qui nous est donnée. A ce moment précis c’est le service  « mémoire de travail » qui est en action et qui en fonction de notre vécu, de nos émotions et de notre sensibilité conservera les caractéristiques essentielles de l’information.  C’est pour cela que lorsqu’un enseignant faire cours dans un amphithéâtre ou bien lorsque vous êtes en réunion, bien que l’ensemble des participants est entendu la même chose, le traitement de l’information et la compréhension de celle – ci n’est pas la même. La transposition de l’information est en lien avec son vécu. Faites le test : Lisez une histoire à 2 personnes (2 enfants – 2 adultes – 1 adulte et 1 enfant) et demandé aux termes de celles – ci ce qu’ils ont retenu de l’histoire. Il y a fort à parier qu’il y ait de la convergence sur certains éléments mais que d’autres soient complètement différents.

Par la suite l’information reçue va entrer dans le service de rétention. Ici, l’objectif est de libérer la mémoire de travail en ne conservant que ce qui paraît essentiel et nécessaire. Cette phase de traitement est essentielle dans le processus de mémorisation. Maintenant il va falloir transporter ces nouvelles connaissances dans la mémoire à long terme. Pour cela, il y a une zone incontournable avec un nom d’animal marin : l’Hippocampe. Avez – vous bien en tête l’image de cet animal aux caractéristiques si particulière. Très bien !!! L’hippocampe, dans notre cerveau c’est une zone transitoire qui permet aux éléments de la mémoire à court terme d’entrée dans le cercle privilégié de ce qui va être retenu sur le long terme. Reprenons l’exemple de l’histoire que vous avez lu. Le lendemain, vous demandez aux deux personnes de dire ce qu’ils ont retenu de l’histoire. Il y a de forte chance qu’il y ait moins d’éléments qui émergent. C’est normal, on ne retient que ce qui génère une émotion et ou qui présente un intérêt premier. Néanmoins en suscitant ce questionnement, l’individu va récupérer l’information et se rappeler ce qui a pu être dit la veille (Voir article sur la courbe de l'oubli). Notre cerveau fonctionne comme une poupée gigogne. C’est parce que j’ai intégré un premier niveau de connaissance, que je peux intégrer de nouvelles connaissances. C’est ce qui explique qu’un apprentissage doit être lissé dans le temps si l’on veut qu’il y ait un ancrage permanent dans le temps.

Comment marche la mémoire!

Appliquer

Revenons à nos réveils pédagogiques. Il est 9h et le formateur à sorti ses 50 diapositives. Comment vous le savez ? Vous êtes malin, avant même qu’il ne passe en mode présentation vous avez aperçu le 50/50 (et ce n’est pas une question de choix) en bas à gauche de la présentation. Bref, vous vous dite que la journée va être longue, que vous allez avoir des passages à vide, que lorsque le formateur vous posera la question « vous avez des questions » vous en aurez sans doute une multitude ou alors pas du tout ! Prenez la bonne résolution !!! Ne faites pas subir à vos élèves, stagiaires, apprenants la même chose. Soyez inventif et coupé avec les routines en proposant par exemple des séquences de réveils pédagogiques. Chaque matin, je les propose dans mon déroulé de journée. Quand l’émotionnel (Plaisir) rencontre le cognitif dès le matin vous allez générer soit de la motivation, soit de l’attention, soit de l’envie, soit de la participation, soit du partage, soit du questionnement.  Une chose est sûr,  vous allez ancrer les apprentissages de la veille ou des jours précédents par le mécanisme de la réactivation selon le principe de la courbe de l’oubli. Alors à ce moment précis, vous vous dites mais qu’est-ce que je peux faire ? Quel réveil pédagogique puis – je proposer ? Avant de vous donner des éléments de réponses, sachez une chose ; Les situations de réveils pédagogiques sont des temps pédagogiques à part entière qu’il faut soigner, chouchouter dans vos préparations, dans vos itinéraires pédagogiques. Si celui – ci ne respecte pas certaines règles, c’est un peu comme la première scène d’un film. Si elle est raté et bien il y a de forte chance que votre regard sur le film change.

Mes conseils

Voici les 5 règles d’or pour bien appréhender les réveils pédagogiques :

  • Les réveils pédagogiques peuvent être proposés dès le 2ème jour de formation en début de journée et portent sur des contenus vus la veille ou les jours précédents
  • Les réveils pédagogiques sont efficaces s’ils rendent l’apprenant acteur de son propre ancrage des connaissances acquises
  • Les réveils pédagogiques doivent être ludique et collaboratif avec l’objectif de situer l’apprenant dans ses acquisitions
  • Les réveils pédagogiques ne doivent pas excéder les 30 min
  • Les réveils pédagogiques doivent être choisis selon l’objectif à atteindre mais également la composition et la taille du groupe

Mes propositions

Je vous propose 3 réveils pédagogiques que vous pouvez utiliser :

  • Vous souhaitez mesurer le niveau d’acquisition de nouvelles notions ou nouveaux concepts, proposez le jeu des associations

Le principe : 1 carte notion/concept est accompagnée de différentes cartes comportant une définition ou des éléments explicatifs de la notion. De fait, l’apprenant doit associer les cartes entre elles afin d’avoir une chaîne explicatives cohérentes :

Exemple :

Carte thème : Réveil pédagogique

Carte définition : Utiliser à partir du 2ème jour, il permet de réactiver les savoirs des jours précédents

Carte approfondissement 1 : Ne doit pas excéder les 30 min

Carte approfondissement 2 : Permet de situer l’apprenant dans ses acquisitions

 

  • Vous souhaitez mesurer les acquisitions sur la journée d’hier, proposez le dernier survivant

Le principe : Chaque participant, à tour de rôle, est invité à formuler une proposition en lien avec la question posée :

Exemple :

Quels sont les contenus que vous avez retenus lors de la journée d’hier ?

Chaque participant à tour de rôle fera une proposition (Principe du tour de table). Si celle-ci n’est pas validée, il utilise son joker. Si ce dernier est utilisé une deuxième fois, il est soit éliminé. Afin de garder la motivation de chacun, notamment lorsque l’on est dans une classe avec des élèves, à la place d’éliminer, celui qui vient de perdre peut rejoindre un autre participant encore en jeu. Au terme du jeu, ce qui a commencé comme une somme d’individu peut se terminer en équipe ou en tous contre un.

Cette situation peut également remplacer un brainstorming en début d’après-midi par exemple en ciblant un thème d’émergence. Par exemple, Quelles propositions feriez-vous pour améliorer la vie en entreprise ou encore quelles propositions feriez-vous pour optimiser votre temps de travail ?

  • Vous souhaitez en fin de formation/cycle revenir sur les contenus, proposez un taboo

Le principe repose sur le jeu d’origine à savoir faire deviner le maximum de mots en 1 minute sans prononcer le mot ni même sa racine. 1 mot par carte. Une fois le mot trouver, celui qui fait deviner prend une nouvelle carte. On peut passer une fois.

A vous de jouer :

Comment feriez-vous deviner réveil pédagogique, Ingénierie de formation, compétences, capacités, objectifs stratégiques, process, e-learning – etc.

Pour conclure

Lorsque l’on a un grand groupe d’apprenants, bien que celui qui fait deviner s’adresse directement à son équipe, les autres groupes peuvent également répondre. Cela évite les temps de latence entre chaque équipe.

Voilà trois exemples. Votre seul limite, votre créativité. En fixant avec précision votre objectif, nul doute que vous trouverez le réveil pédagogique qui correspondra. Cela n’est aucunement une perte de temps car il permet de continuer ou non la montée des marche de votre escalier pédagogique.

Et vous quels sont vos réveils pédagogiques préférés ?

3 thoughts on “Les réveils pédagogiques: Se remémorer pour mieux ancrer

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