Je retourne en 6ème et vous savez quoi, je suis dans la même classe que ma fille !

C’est la rentrée ! Avec son nouvel environnement, les copains et les copines à qui l’on raconte les souvenirs d’un été presque parfait, la rencontre avec sa nouvelle maîtresse ou son nouveau maître dont on a tant entendu de bien, bref une rentrée comme les autres ! Enfin presque, car pour bon nombre de parents ce lundi le scénario du primaire ne s’est pas déroulé comme d’habitude ; Eh oui la 6ème c’est une nouvelle étape dans la vie de nos presque adolescents et adolescentes. Fini la prestation en solo du maître ! Bienvenue aux enseignants par matière. Fini la semaine de 4 jours ! Bonjour emploi du temps où s’enchaînent du lundi au vendredi pendant 1 heure Maths, Français, Histoire, EPS, Anglais , Arts plastiques ... Fini le « je prends le temps de faire avec toi », bonjour « apprendre à apprendre » !

Bonjour apprendre à apprendre !

"Mais qui es-tu ? C’est la première fois que je te rencontre, on ne se connaît pas, on ne m’a jamais parlé de toi ! Comment ? tu vas me suivre tout au long de ma scolarité ? Ça veut dire que je vais devoir m’organiser, être autonome, anticiper mes devoirs, apprendre… Mais je ne suis pas conçu pour ça, je préfère jouer moi ! Depuis toujours je joue et en plus je prends du plaisir en le faisant. Regarde le plaisir que l'on a quand on joue avec d'autres enfants. T’inquiète on va continuer comme avant. Les devoirs on verra plus tard ! Apprendre, on le fera au dernier moment. Par expérience, l’improvisation c’est un peu stressant mais ça va le faire, enfin je crois !"

Voilà en quelques mots ce que dit le cerveau de ma fille de 11 ans qui rentre en 6ème. Comment je le sais, parce que je le connais bien ! Je sais que le cerveau préférera toujours la distraction à la concentration et à l'attention. Il n'y a qu'à voir ce que chaque notification sur son smartphone déclenche comme réaction. De véritables shoots permanents qui à l'adolescence peuvent devenir des perturbateurs permanents. C’est ce que j’ai dit à ma fille lorsque nous avons à différents moments échangé sur les évolutions qu’apporte la 6ème tant dans le fonctionnement, que dans l’organisation.

La bonne nouvelle c’est qu’apprendre à apprendre, ce n’est pas que pour les adultes.

Chercher puis trouver ses propres méthodes d’apprentissages c’est s’ouvrir un champ de possibles où l’on va réconcilier deux équipes opposées. D’un côté le jeu que le cerveau adore parce qu’il procure du plaisir avec un niveau de concentration optimale avec cette folle envie que cela continue le plus longtemps possible. De l’autre côté, le travail qui est une corvée laissant place à des perturbateurs de la concentration car franchement apprendre par cœur une leçon, vous avouerez qu’il y a plus fun.

Votre enfant est unique, son environnement de travail doit l'être tout autant!

Le match est lancé ! En échangeant avec ma fille, et pour donner suite à cette histoire nous avons ensemble déterminé quelques principes de fonctionnement pour que le travail lui procure du plaisir et ainsi résister à la tentation du cerveau d'aller voir ailleurs pendant les 30 ou 45 prochaines minutes :

  1. Créer un environnement de travail personnalisé. Ça paraît tout bête mais quand on est adulte et que l’on arrive sur son bureau avec des dossiers empilés sur les ¾ de la surface avec sa tasse de la veille non lavée, vous avouerez que l’accueil de votre cerveau n’est pas propice à la super motivation. Pour nous ce sera ambiance coworking avec un bureau « suédois » suffisamment grand pour y mettre des rangements mais aussi des goodies pour le fun. Attention pas des tonnes au risque d’avoir l’effet inverse de l’objectif recherché mais bien l’essentiel pour se sentir bien.
  1. Identifier ce qui procure du plaisir à votre enfant. Ma fille adore dessiner, colorier, peindre, prendre des grandes feuilles de paperboard ou encore utiliser powerpoint. Elle adore également jouer au lego, construire et raconter des histoires. Disons que c’est un peu le jeu du moment. Et pourquoi ne pas utiliser ces techniques pour concilier apprentissage sur le long terme et plaisir. Quoi de plus pénible pour notre cerveau que d’apprendre par cœur une leçon sur son cahier ! Quoi de plus pénible que d’avoir l’impression de ne plus se rappeler de sa leçon d’il y a 2 ou 3 jours alors qu’on y a passé plusieurs dizaines de minutes ! Frustrant ! Quoi de plus pénible que de sortir son cahier, de chercher sa leçon et de la relire. C’est un peu comme lorsque l’on recherche une information sur internet, on la veut rapidement sans faire d’effort. Alors comment tromper notre cerveau ?

Les 4 premiers pas pour une prise de conscience de ses propres méthodes d'apprentissage

Voici les 4 piliers d’apprentissage que ma fille a exprimés en fonction de sa motivation du moment :

  • Réaliser des mapping pour retenir l’essentiel et surtout revoir ses leçons de la veille et de l’avant-veille d’un coup d’œil avec régularité et continuité. Merci qui ? Merci Ebbinghaus ! Vous le savez maintenant, le cerveau digère, oublie et élimine ce qui n’est pas intéressant très rapidement. Pire ! Quand on ne relie pas une information dans les 24h, on est bon pour tout recommencer ! Petit test : A combien estimez-vous le pourcentage de contenu retenu du dernier livre que vous avez lu ? En mettant l’accent sur la création on engage le cognitif, l’émotionnel mais aussi la mémoire de travail. Par l’intermédiaire de ces cartes, fini le « j’ouvre mon sac », « recherche mon cahier » « ouvre mon cahier », « cherche la page » … la carte mentale est à portée de main, en 5 secondes on l’a sous les yeux en permanence, elle est belle et en plus elle peut évoluer. On adore !!!

 

  • Dessiner c’est sketchnoter: Un dessin vaut mille mots. OK, on connait tous la phrase ! Encore faut-il utiliser le bon dessin. Cela s’apprend et concevoir un répertoire de dessin ou de graphisme pour exprimer des émotions, des idées ou encore raconter une histoire cela s’apprend mais aussi cela prend du temps. Ça tombe bien, un des piliers de l’ikigaï c’est de commencer petit. Si je dessine 2 éléments chaque jour, à la fin de la semaine, j’ai un répertoire de 10 dessins. Sur un mois en faisant la révision des précédents, j’en connais environ une trentaine ; sur l’ensemble de l’année c’est un répertoire de 300 illustrations. On est pas mal ! Le défi est lancé !

 

  • Les légo pour vivre le moment : On ne va pas le faire pour toutes les matières mais quoi de mieux que d’apprendre l’histoire ou encore imaginer une conversation en anglais entre deux personnages et réinvestir ainsi le vocabulaire. En détournant le principe même du "lego serious game" (Je m'excuse auprès des puristes) c’est s’assurer de l’engagement des fonctions cognitives, on rend actif, on prend du recul sur des apprentissages complexes, on s’exprime plus facilement et on dédramatise une situation d’apprentissage qui peut être complexe. Ma fille l’a exprimé clairement ! Sa motivation pour faire de l’anglais n’est pas débordante d’enthousiasme,et plutôt que d’apprendre du vocabulaire en dehors du contexte, nous allons privilégier en complément de l’écoute, nos histoires de super héros ou de pink ogre (C'est notre personnage imaginaire depuis 11 ans).

 

  • Jouer pour s’autoévaluer: Il y a une chose que j’aime faire, c’est concevoir des modules de e-learning. Ma fille le sait! C'est elle qui fait "la recette" de tous les modules de formation au format e-learning que je conçois ou produis. Là encore on va s’appuyer sur les piliers de l’ikigaï à savoir commencer petit mais l’idée est de concevoir des jeopardy ou autres petits jeux autour de questions dans le domaine du français, des maths, de l’histoire ou encore de l’anglais. Simple mais efficace et surtout rapide à mettre en place. Et vous savez quoi, c’est ma fille qui va les concevoir ! (LMS utilisé : moodle cloud - C'est gratuit!!!…)

 

En tant que parent(s), nous sommes aussi des passeurs de sens!

Vous l’aurez compris, les techniques de formation d’adultes sont des ressources inépuisables pour aider nos enfants à mieux appréhender le nouvel environnement scolaire qui s’ouvre à eux. Je suis convaincu depuis très longtemps, qu’apprendre cela doit être plaisant pour pouvoir y retourner. Aujourd’hui, nous avons la chance de pouvoir s’enrichir de l’avancé des neurosciences, de pouvoir profiter de la diversité des méthodes et des techniques pour mieux ancrer les apprentissages.

L’idée n’est pas de s’opposer ou de se substituer à l’enseignement délivré en classe. Mon objectif comme celui de ma femme c’est d’être des passeurs de sens en nous inscrivant dans le prolongement, la continuité et la complémentarité de ce qui sera vécu au collège.  Nous ne pourrons pas faire cela en permanence. Le travail, nos déplacements, nos obligations ne nous permettront pas d'être quotidiennement sur ces stratégies. Et c'est tant mieux car l'enfant a aussi besoin de construire son autonomie mais aussi ses propres repères sans pression permanente. Une chose est sûre, c'est que de le faire de façon durable en tant que parent c'est pouvoir accompagner et partager ces moments de plaisir avec nos enfants.

Je retourne en 6ème et vous savez quoi, je suis dans la même classe que ma fille !

 

 

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