Apprendre, c’est bien! Ne pas oublier, c’est mieux!!!

Vous rappelez – vous du cours sur la description moléculaire de la matière en 4ème ou encore la combustion du carbone? Ok c’est loin et en plus la question du sens et de l’intérêt quand on a 14 ou 15 ans disons qu’à ce moment précis elle était plutôt transparente! Prenons un exemple plus récent où la question du sens et de l’intérêt étaient présents: le bac. On tente l’expérience?Qui se souvient du thème « la place de l’union européenne dans l’économie globale »? Et pourtant ceux qui ont fait la filière économique et sociale en terminale ont passé des heures à apprendre, à faire des fiches et autres méthodes intuitives (Je dis intuitive car rare sont les fois où on nous donne des clés pour mieux mémoriser) Vous avez répondu oui au deux questions. Félicitations à vous! Pour tous les autres, Félicitations à vous! Votre cerveau a fait le ménage. Si après 9h sans réactivation ou répétition nous perdons 60% de ce que nous avons appris, vous imaginez sur plusieurs années. A contrario, nous écrivons tous les jours, nous lisons tous les jours, nous faisons des calculs régulièrement, etc. Bref, tout ce qui est utile dans notre quotidien nous l’avons automatisé et cet automatisme s’entretient.

CONNAITRE 

Soyons clair, il y a de nombreuses théories qui expliquent la mémorisation ou plutôt comment faire en sorte de retenir l’information. Dans ce post, je vous propose de nous centrer sur la courbe de l’oubli du psychologue allemand Hermann Ebbinghaus en 1885 qui met en exergue la chose suivante: Tout ce qui n’a pas de sens pour nous et de manière immédiate est oublié rapidement. De cette évidence, il en a théorisé le sens avec le schéma suivant: La théorie des répétitions espacées.

Abonnez-vous à ce blog par e-mail.

Rejoignez les 32 autres abonnés

Suivez-moi sur Twitter

Soyons précis! Si un contenu n’est pas répété, réactivé fréquemment au début de l’apprentissage puis de manière régulière par la suite, il est clair que l’apprenant oubliera l’essentiel. Si c’est la première fois que vous entendez parler de cette courbe, je suis sûr qu’elle vous interpelle dans votre manière d’appréhender vos processus de formation ou encore dans la manière dont vous informez vos collaborateurs sur un sujet, un projet, etc. La courbe de l’oubli est un des éléments clés qui conditionne la manière dont vous allez planifier votre processus d’apprentissage et/ou d’information. Pour aller plus loin, imaginez une intervention que vous avez préparée pendant plusieurs heures avec un powerpoint animé dont vous êtes fier parce qu’ à titre individuel vous avez appris de nouvelles fonctionnalités. Vous avez hâte d’être au jour J et pourtant en vous centrant uniquement sur ce type d’intervention (Magistrale) 70% de ce que vous allez transmettre va être oublié après 48h. Pire après une semaine, c’est plus de 80% de votre contenu qui se sera envolé. Bon OK, vous allez me dire si déjà ils retiennent 20% de 2h d’intervention ce sera déjà pas mal! Je réponds souvent à ce retour autant ne pas perdre son temps et faire des interventions de 20 à 25  min plutôt que 2h. Si l’on se réfère à la courbe d’attention la capacité d’un apprenant, notre capacité quand on est en situation d’apprentissage est de 25 min. Cela veut dire que si à l’issue des 25 min, il n’y a pas de changement dans l’intervention que ce soit dans le rythme, dans la stratégie ou autre, progressivement vous allez perdre chacune des personnes autour de la table. Bon, après tout ces points théoriques, vous allez me dire très bien tout ça mais j’en fais quoi de manière très concrète.

COMPRENDRE

Notre objectif est de prolonger le temps de rétention d’un apprenant en transférant les nouvelles connaissances dans ce que l’on appelle la mémoire à long terme. Si on m’avait dit cela lorsque j’étais étudiant, pas sûr que je m’y prenne plus tôt dans mes révisions mais maintenant que je suis dans le champs professionnel je mesure l’importance d’ancrer mes nouvelles compétences. Revenons à notre processus de mémorisation sur le long terme. La bonne nouvelle c’est que tout se passe au niveau du cerveau. Le principe à retenir est que l’information que vous venez de transmettre à un apprenant va se stocker dans son lobe préfrontal. L’information va ensuite transiter par l’hippocampe pour ensuite aller se stocker dans différentes parties du cerveau selon la spécialisation de l’information ou autre qui doit être retenu. Ils sont dès lors dans votre mémoire à long terme. Aussi, vous ne stockez pas vos souvenirs d’enfance au même endroit que les paroles de votre chanson préférée. Cela ne vous dit rien! Si vous prenez une personne atteinte de la maladie d’alzheimer, il n’est pas rare que lorsque vous fredonnez une chanson que celle ci chantonne avec vous alors qu’il est impossible pour elle de vous répéter ce que vous avez pu lui dire 5 min avant.

APPLIQUER

Un principe: Réactiver la connaissance avant de l’oublier. Vous me direz, c’est une évidence. Certes mais il est nécessaire de la faire avec méthode mais aussi de manière judicieuse. Aussi mettons en acte la phase opérationnelle pour faire en sorte que vos apprenants, vos collaborateurs retiennent mieux l’information pour longtemps.

Prenons une intervention que vous venez de faire sur l’utilisation du logiciel Prezi. Vous venez de réaliser une intervention de 2 heures sur les usages premiers de Prezi avec en point d’orgue le travail à distance entre 2 collaborateurs sur une présentation.Vous avez commencé par une présentation du logiciel, vous avez ensuite montré comment créer une première présentation, comment intégrer des médias puis une fois réalisé comment travailler sur le même support à distance. Durant les 2 heures vous avez alterné des temps magistraux très courts et des temps d’application. Bref, vous avez mis en application vos apprenants. Néanmoins à chacune des étapes vous deviez régulièrement accompagner chaque apprenant dans la démarche d’exercice. Miracle, au bout des 2 heures de réinvestissement, ils ont tous réussi chacune des étapes que vous vous étiez fixées. Le lendemain matin, vous leur demandez à nouveau de refaire les mêmes exercices. Vous remarquez 3 possibles:

  1. Ceux qui y arrivent du premier coup (Ils sont rares)
  2. Ceux qui y arrivent mais qui mettent plus de temps que la veille (Reprise de notes, demande à un autre apprenant, etc.)
  3. Ceux qui n’y arrivent pas (Souvent le pourcentage le plus important).

Dans les 2 derniers cas, il faudra à nouveau répéter le déroulé et les accompagner surtout au début. Les répétitions seront très proches au début (Les 3 – 4 premiers jours) puis ensuite espacées. Cela nécessitera au terme de la formation, que l’apprenant revienne sur ce qui a été appris ou qu’il réinvestisse dans son cadre professionnel les éléments de l’apprentissage.

MES CONSEILS

  1. Stopper les interventions « one shot » de 2h avec un concentré de contenu et d'informations. Préféré segmenter le processus d’acquisition (Quand cela est possible) en répétant chaque jour pendant 3 à 4 jours les notions en variant les supports et les stratégies tout en ajoutant de nouvelles fonctionnalités chaque jour.
  2. Espacer les répétitions pour ancrer les apprentissages sur plusieurs semaines par exemple
  3. Quizzer/mettre en application à l’issue des 20/25 min d’intervention pour mesurer la compréhension de ce qui vient d’être vu
  4. Quizzer/mettre en application en fin de journée sur l’ensemble des contenus vu durant la journée afin de réactiver les connaissances
  5. Quizzer/ mettre en application le lendemain lors d‘un réveil pédagogique pour réactiver les éléments vus la veille.

Vous voulez en savoir plus sur Prezi, n’hésitez pas à consulter la page ici, une surprise vous attend!

Au moins vous êtes prévenus!

3 thoughts on “Apprendre, c’est bien! Ne pas oublier, c’est mieux!!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.